Le prix de l’énergie comme facteur d’influence du bâtiment.

Durant le demi-siècle que nous venons de traverser, les prix de l’énergie n’ont cessé d’augmenter. Le bâtiment, en tant que secteur le plus énergivore en France (49,9% des consommations totales), est plus particulièrement impacté par cette hausse qui a durablement affecté sa conception, ses usages et son exploitation à travers les époques.    

Le secteur du bâtiment, c’est avant tout des consommations d’électricité et de gaz. Ces deux principales sources d’énergie étant très volatiles, leurs prix sont influencés par de nombreux critères tels que l’offre et la demande, les variations du cours des matières premières, mais aussi des paramètres naturels tels que le climat. La tendance de la décennie passée n’échappe pas à cette analyse : les prix de l’énergie ont globalement augmenté, qu’il s’agisse d’électricité ou de gaz. L’effet domino provoqué par la hausse des prix provoque l’alourdissement des charges d’exploitation pour les utilisateurs, grevant ainsi sur le long terme le coût d’amortissement des projets immobiliers.  

Dans une époque révolue ou les coûts énergétiques étaient encore faibles, la question de l’impact environnemental ou du modèle de construction “basse consommation” ne se posait pas. Les chocs industriels et les problèmes climatiques ont accompagné les augmentations de coûts des énergies, imposant réforme après réforme, ainsi que des normes de construction (labels HQE, BEE,…) favorisant l’éclosion d’économies d’énergie, notamment dans le cadre des constructions les plus récentes. Concernant les bâtiments existants, l’augmentation durable des prix couplée aux obligations fixées par l’état en matière d’économies d’énergie pour les entreprises (loi ELAN) va pousser les acteurs économiques, quel que soit leur secteur, à réinvestir dans leurs bâtiments pour remplir leurs objectifs de réduction (-40% en 2030). Ils pourront par exemple améliorer l’enveloppe du bâtiment ou y intégrer un système de pilotage intelligent de l’énergie.  

Dans les usages, les hausses durables des prix devraient également influencer le comportement des utilisateurs des bâtiments sensibilisés à l’impact du coût de l’énergie sur l’exploitation et la performance économique de leur entreprise. En résumé, plus le prix de l’énergie augmente, plus les usages de la vie de tous les jours vont être modifiés naturellement, même si cette étape de transformation peut prendre du temps.  L’augmentation des coûts de l’énergie peut avoir également des effets moins perceptibles, notamment dans certains secteurs où les entreprises limitent volontairement la taille de leurs constructions pour minorer l’impact des coûts d’exploitation de leurs bâtiments sur leur résultat. 

La hausse des prix de l’énergie aura surtout à long terme des répercussions sur le marché de l’immobilier lui-même. Les investisseurs comme preneurs privilégieront des investissements dans des bâtiments peu consommateurs. Cette évidence favorisera l’émergence de plans importants en matière de rénovation énergétique dans une logique d’optimisation et de revalorisation de leurs parcs immobiliers. 

Alric Marc, président-directeur général de Eficia