Le bâtiment au cœur des politiques de développement durable.

On entend souvent parler du bâtiment comme étant l’un des leviers incontournables du développement durable. Comment cela s’explique-t-il ? En mettant en lumière plusieurs facteurs qui doivent être pris en compte avant et après la construction de chaque bâtiment.

Le bâtiment, un levier non négligeable du développement durable.

Si l’on reprend la définition internationale de 1987, le développement durable doit être à la fois économiquement efficace, socialement équitable et écologiquement tolérable. On y retrouve donc une dimension sociale, économique et environnementale. Aujourd’hui plus que jamais, le bâtiment a un rôle prépondérant dans les politiques de développement durable. En moyenne, une personne passe environ 80% de son temps dans des bâtiments. Du point de vue d’une entreprise, les employés passent un tiers de la semaine dans des locaux de bureaux (du lundi au vendredi).

Les bonnes questions à se poser

Le développement durable du point de vue du bâtiment est d’abord concentré sur l’étape de construction. Même si les obligations légales en la matière fixent un certain nombre de principes contribuant au développement durable, quelques questions doivent se poser : la dimension environnementale est-t-elle respectée ? A-t-on réussi à construire un bâtiment qui va émettre peu de déchets ? Les règles sociales sont-elles satisfaisantes ?

Le développement durable sur le long terme

Bien évidemment, la dimension économique est une des valeurs clés soumise à l’appréciation des donneurs d’ordre mais au-delà de la construction, le coût d’exploitation du bâtiment est une des problématiques posées sur le long terme. Toutes les étapes de la gestion d’un projet immobilier doivent donc tenir compte du facteur “développement durable”. Aujourd’hui, il existe beaucoup de labels (ex : HQE haute qualité environnementale) qui permet de distinguer des bâtiments dont les performances environnementales et énergétiques correspondent aux meilleures pratiques actuelles. La problématique est qu’une fois que le bâtiment est construit, rappelons-le, l’efficacité sociale, économique et environnementale doit être maintenue au travers d’un système d’exploitation encore peu habitué à ces usages et obligations de résultats. Pour un bâtiment en cours d’exploitation, cela signifie qu’il doit consommer peu d’énergie, mais pas seulement. Cela concerne également tous les entrants tels que le papier ou encore les produits d’entretien. La dimension environnementale concerne aussi bien la consommation d’énergie que les matières qui sont apportées au bâtiment. La dimension sociale est également est donnée importante. Les personnes qui utilisent le bâtiment doivent s’y sentir bien. C’est pour cette raison que les entreprises mettent de plus en plus à disposition de leurs employés des espaces de vie adaptés au confort de chacun tels que des salles de jeux ou encore des restaurants. L’objectif est de faire en sorte

que les utilisateurs du bâtiment s’y sentent bien. Qu’ils soient des clients ou bien des employés, les services mis à disposition au sein du bâtiment doivent répondre à leurs attentes et contribuer à leur bien-être. En ce qui concerne la dimension économique, elle est souvent liée à la dimension environnementale. Utiliser des produits ménagers labelisés “bio” peut être une source de dépense supplémentaire pour les entreprises. En revanche, consommer moins d’énergie aura forcément un impact positif sur la dimension économique. Dans le même principe, un bâtiment dans lequel on se sent bien favorise le bonheur des salariés et des clients qui s’y trouvent. Ils vont donc soit être plus productifs, soit consommer davantage. La dimension économique sera ainsi forcément impactée et le bâtiment va devenir un contributeur de croissance.

Aujourd’hui, le bâtiment doit se trouver au cœur des politiques de développement durable des entreprises, à la fois lors de sa construction, mais surtout durant son exploitation, en prenant bien en compte les dimensions sociales, environnementales et économiques. Il peut ainsi devenir un véritable vecteur de croissance.

Alric Marc, président-directeur général de Eficia