L’Humain au cœur de l’optimisation de l’énergie du bâtiment

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En ce moment, on entend beaucoup parler de développement durable, d’économie d’énergie et principalement dans le bâtiment. Car comme vous le savez déjà, le bâtiment représente un des plus gros pôles de consommation d’énergie en France. Mais qu’en est-il des technologies et des suivis humains ?

Les usages quotidiens : un impact considérable

Souvent, on attend des bâtiments et de la technologie de faire tout le travail. Mais en réalité, les actions les plus rapides, simples et efficaces sont celles des utilisateurs, des humains.

Par exemple, chez soi, on a tous déjà dit ou entendu « il faut éteindre les lumières » ou « c’est pas Versailles, ici ». Alors qu’au bureau ou dans les bâtiments publics, cela ne nous dérange pas de tout laisser allumé. Car ce n’est pas chez nous, ce n’est pas nous qui payons l’électricité, on ne se sent pas forcément concerné par nos gestes en dehors de notre foyer.

Cette attitude n’est pas cohérente et ne participe pas au développement durable. Au foyer ou en dehors, les usages de chacun doivent contribuer aux économies d’énergie. L’exemple de l’électricité avec la lumière est plutôt explicite, mais ce n’est évidemment pas le seul levier d’une transition énergétique, il est également question de confort et notamment de confort thermique.

Par exemple, chez soi on chauffe en général à 20°C et non à 24°C car on ne veut pas payer trop cher. A 20°C, la température est en effet idéale et les factures ne sont pas trop élevées, nous sommes satisfaits. C’est ce qui définit le confort thermique. Mais au bureau, nous demandons à ce que la température soit de 24°C voire 25°C en hiver et aux alentours de 20°C en été. Bien entendu, le paiement des factures ou la consommation d’énergie n’est ici plus prise en compte.

Mais il ne faut pas pour autant opposer le confort des utilisateurs à l’évidence du développement durable. Il est donc important de comprendre qu’une température au bureau de 20°C est idéale quelle que soit la saison. L’utilisateur responsable a un énorme impact sur l’optimisation de l’énergie.

Les nouvelles technologies : auto-suffisantes ?

Le confort des utilisateurs (température, air conditionné, etc.) conditionne le bien-être du salarié. Différentes études montrent qu’une bonne ventilation et donc un renouvellement efficace de l’air dans les bureaux, réduirait le nombre d’arrêts maladies. L’optimisation des usages énergétiques peuvent avoir un réel impact sur la santé des utilisateurs.

On pense souvent à tort que la technologie permet de tout automatiser. Mais une technologie, aussi parfaite soit elle, sans contrôle humain : présentera nécessairement des dérives ou un manque d’optimisation.

De plus en plus de bâtiments soi-disant connectés finissent par être dysfonctionnels ou à tout le moins ne plus être performants. La première année, les systèmes installés fonctionnent sans surveillance. Mais au fur et à mesure que le bâtiment évolue, la multitude de systèmes qui ont été programmés initialement finissent, par manque d’attention, à ne plus répondre du tout aux attentes.

Avec le temps, vos bâtiments évoluent et si vous n’avez personne pour reparamétrer vos installations, la technologie mise en place commencera à avoir des comportements anormaux.
D’où le réel intérêt de ne pas se contenter des automatismes.

Par exemple, si à l’origine un bâtiment était censé être utilisé 13h par jour et que, du jour au lendemain, il n’est plus utilisé que 10h, il y’aura besoin d’une action humaine pour réajuster les paramètres et faire en sorte d’économiser l’énergie.

En tant qu’acteur ou utilisateur, l’humain est donc au cœur de la démarche du développement durable. Les technologies sont là pour l’aider. Et celles-ci le font d’autant mieux lorsqu’elles sont maîtrisées dans le temps.

Le suivi énergétique : l’atout humain

Dans les bâtiments d’aujourd’hui, on s’intéresse de plus en plus au suivi énergétique et aux analyses de la consommation. Comme souvent dans ce type de démarche, la collecte d’informations reste lettre morte et les plans d’actions manquent. Au-delà des données, on ne peut pas, une fois de plus, se contenter de la technologie. Malgré les progrès, cette dernière n’a toujours pas la pertinence suffisante pour nous dire quoi faire de toutes les informations collectées. C’est bel et bien la combinaison de l’expérience humaine et de la précision des données qui améliorera durablement la performance énergétique du bâtiment.

Par exemple, si votre bâtiment consomme énormément quand il fait chaud, cela aurait probablement du sens d’avoir des panneaux photovoltaïques pour faire de l’autoconsommation. Un humain reste indispensable pour prendre une telle décision d’investissement. Et à ce titre, il doit rester maître de la transition énergétique.

Enfin, si bien souvent un bâtiment est construit dans un but spécifique, sa durée de vie, comprise en moyenne entre 50 et 100 ans, implique forcément une évolution de ses principales fonctions. Des bureaux peuvent se transformer en piscine, en hôtel, etc.
Autant d’exemples qui montrent que se passer de l’humain dans un projet d’optimisation énergétique reste une hypothèse ni souhaitable, ni réaliste, ni probante.

Par Alric MARC, directeur général d’EFICIA.